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Sexoblogue

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Retentissement sur la sexualité de l’infection vih
« le: 01 décembre 2020 à 13:46:20 »

Tous les ans, la date du 1er décembre marque la Journée mondiale de lutte contre le sida. Cet événement est le cadre de manifestations de soutien aux personnes vivant avec et touchées par le virus.


C’est l’occasion de rappeler que, même si les traitements modernes permettent aux patients atteints du Sida de pouvoir survivre avec une qualité de vie qui s’est nettement améliorée ces dernières décennies, il reste un domaine dans lequel persiste fréquemment des troubles, c’est celui de l’intimité et de la sexualité.


Le SIDA étant intimement lié à la sexualité, le fait d’être atteint du virus HIV majore le risque de difficultés sexuelles.
Chez un séropositif, la sexualité est souvent vécue comme une cicatrice douloureuse que l’on doit rouvrir afin d’aider le patient à redécouvrir son corps et à en jouir à nouveau, en prenant en compte le risque de contamination et le risque de co-infection d’autres IST.


QUELLES SONT LES CONSÉQUENCES DE LA SÉROPOSITIVITÉ SUR LA SEXUALITÉ ?


1) Retentissement sur la libido


Le fait d’être séropositif a d’importantes conséquences psychologiques sur la libido, notamment :


Une impression de corps sali : les personnes peuvent être abattues, s’effondrer, avoir des crises de larmes et souffrir de dépression ;
Une peur de contaminer l’autre : on craint de retransmettre son virus à autrui (d’où, chez certains, l’arrêt total des rapports sexuels) ;
Une peur de la séropositivité : la personne atteinte craint d’avouer sa séropositivité à son conjoint ou craint que son partenaire soit séropositif, par peur du jugement moral de l’autre, du rejet, mais également par rapport à certaines croyances (religion), etc. ;
Une perte de plaisir : la sexualité devient une source de déplaisir, puisqu’elle est généralement le facteur primaire de contamination, et les pratiques sexuelles se compliquent ; c’est un peu une mise au ban de la société et de l’individu.
Un retrait dans la chasteté et le célibat : l’individu séropositif s’éloigne des pratiques sexuelles, il les met de côté.


Cela entraîne des troubles psychologiques chez certains patients séropositifs traités depuis longtemps, avec une augmentation du risque de dépression.


A noter
Souvent, la sexualité n’est plus une priorité dans la vie de la personne séropositive puisque les rendez-vous médicaux à l’hôpital, les bilans, les traitements ou encore les tests passent avant. Elle pense avant tout à se maintenir en vie et se pose des questions sur son traitement, sur les effets qu’il aura sur elle, sur sa maladie, sur son emploi et sa vie professionnelle, etc. Le sexe et le plaisir sexuels sont donc vraiment mis de côté au profit de la remédicalisation du corps.




2) Retentissements sur l’érection


Les troubles de l’érection sont un leitmotiv en sexologie. C’est une question que l’on entend des dizaines de fois par semaine, et ce, chez des patients de tous les âges.


À chaque évolution de la maladie SIDA, on retrouve des troubles de l’érection, voire des impuissances complètes. On prescrit donc aux patients du Viagra, du Cialis, du Lévitra, mais souvent rien n’y fait.


Les injections intracaverneuses, elles, ont une certaine efficacité, car la perte d’érection est souvent psychogène.


La perte d’érection provoque un sentiment négatif et une perte de confiance qui, forcément, ont des effets d’autant plus néfastes sur l’érection.


Cet effet négatif se retrouve :


- dans le cadre d’une dépression réactionnelle ou déjà existante ;
- à l’annonce de la séropositivité, de la maladie SIDA et à chaque nouvelle rencontre.


La personne séropositive craint les réactions d’autrui et a peur de révéler sa maladie aux autres, elle a peur de l’échec. Elle craint également la solitude, ce qui crée un stress et une source d’angoisse qui accroissent les troubles érectiles, voire qui entraînent la perte totale de l’érection.


De ce fait, on retrouve souvent des personnes séropositives intégrant des « clans » sexuels : elles se regroupent ensemble car elles se comprennent, de par la maladie, car elles n’ont pas besoin d’annoncer leur séropositivité à l’autre. Elles se donnent rendez-vous dans des lieux de rencontre via internet et ont des rapports sans se protéger. De ce fait, elles ont une sexualité, qui est parfois très exubérante chez certains.


En effet, il existe d’ailleurs des cas de surconsommation sexuelle, que l’on retrouve essentiellement dans les milieux homosexuels. Cette pratique est contraphobique. La surconsommation traduit une hyperactivité, la personne oublie tous ses problèmes (dus à sa maladie) dans le sexe.


Parfois, le patient ayant des problèmes d’érection rebondit sur un problème d’éjaculation précoce. C’est une réaction propre à beaucoup d’hommes, séropositifs ou pas.


Il est essentiel également de recentrer l’activité masturbatoire et il ne faut donc pas hésiter à poser la question au patient. Cela se fait dans le suivi de la relation, on ne demande pas directement au patient s’il se masturbe car il est probable que ce dernier n’assume pas, tant le tabou sur le sujet est important. Le praticien doit poser des questions concernant la relation du patient (est-elle épanouie ou non, comment faisait-il entre chaque relation ?) afin d’en venir indirectement à la masturbation et d’amener son patient à lui donner des réponses.


On peut utiliser le questionnaire IEF-5 en consultation ou en bilan de pré-consultation (auto-questionnaire).


3) Orgasme et jouissance : sommes-nous égaux ?


Lors de la consultation, il faut tenir compte de la qualité de la sexualité antérieure.


Il faut également savoir apprécier l’importance de la sexualité dans la vie des personnes. Le nombre moyen de rapports sexuels par semaine ou par mois est différent pour tout un chacun : chez certains, 2 fois par semaine est assez ; pour d’autres, 1 fois par jour n’est pas assez ; pour d’autres encore, 2 fois par mois est idéal. Il n’existe pas de normalité.


Cependant, le nombre moyen de rapports sexuels selon les études sexologiques est de 2 rapports et demi par semaine. Cette moyenne permet d’identifier où se trouvent les patients mais ne fait pas office de normalité. La normalité se trouve uniquement dans le désir et l’envie d’avoir des rapports sexuels dans un couple.


La notion d’importance de désir d’enfant chez les personnes (hommes et femmes) séropositives est de plus en plus fréquente et reste un problème grand ouvert. En effet, lorsqu’un couple séropositif annonce son désir d’enfant au praticien, ce dernier doit informer les deux partenaires sur les méthodes qui existent (techniques relativement chères et longues). De ce fait, beaucoup de couples décident de se débrouiller seuls…


4) Les causes des troubles sexuels


La liste des troubles sexuels augmente car on ajoute aux troubles des séronégatifs ceux des séropositifs :


- La stigmatisation extérieure et personnelle : la notion de « sexualité mauvaise » ;
- Les histoires de phobies diverses : l’homophobie, l’isolement familial, professionnel et amical, le rejet ethnique (qui se voit de plus en plus chez les populations noires, avec des isolements et des rejets familiaux). Certains patients sont tellement rejetés qu’ils ne viennent plus à l’hôpital, car même à l’hôpital, les autres patients séropositifs les rejettent (que ce soit pour des raisons ethniques ou autres). De ce fait, ces patients sont souvent obligés de déménager, de changer de cité, d’aller là où personne ne les connaît ;
- Les causes médicamenteuses : des neuropathies avec la didanosine et le Videx® (qu’on utilise vraiment de moins en moins), des troubles érectiles avec les antidépresseurs (tels que le Prozac®) ;
- Les causes médicales : un déficit hormonal, un diabète, l’hypertension artérielle, l’artérite, le tabagisme, les drogues… Il faut les dépister ;
- Le rôle de l’âge : les personnes séropositives sont de plus en plus âgées (ex. : un patient séropositif de 65 ans ayant des problèmes de prostate peut avoir des problèmes d’érection) ;
- Les IST : il est également très important de limiter les transmissions d’autres IST en effectuant ses rappels de vaccins contre l’hépatite.
- Le problème des couples sérodiscordants…

Au final, la séropositivité joue un rôle néfaste sur la sexualité : ll faut donc proposer une ouverture de parole aux patients atteints du SIDA.
Cet article est un extrait du cours donné par le Dr Jean-François PLASKOWSKI, Médecin généraliste sexologue et enseignant, dans le cadre de l’enseignement du diplome Inter-universitaire de Sexologie


Pour lire la retranscription complète, suivez ce lien : https://sxblg.fr/pe


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